Je ne voulais plus et cela comme un caprice de gamin, je ne pouvais plus et cela comme un lâche, je perdais tout mes repères comme si Lucifer venait à me les prendre. Quel drôle d'impression quand on sent que sa vie est incomprise des autres, qu'il n'y a plus aucun moyen, qu'il faut arrêter de croire, que je suis le seul.
Les douceurs de l'automne, qui viennent arracher les vies affaiblies, m'emportent avec, j'ai l'âme qui s'égare, et dans un dernier instant de mélancolie, j'esquisse un dernier sourire, à l'égard du temps qui ne m'épargne pas et qui me le rappelle tel un vide lourd et pesant sur ma vie abrégée. Il est temps que je pense à mon présent et non au futur que je dessine en fonction de ma nostalgie, j'ai peur du présent, il est la base de mes lourds souffrances, je suis obligé de le vivre sans y prêter aucune pensée.
Je serai autre quand, le temps n'aura plus d'impact sur moi, quant à lui, il pourra toujours réguler la vie, moi je le régulerais en fonction de mes désirs. Je jouerais à son propre jeu, faisant de cette conception unique à l'homme, une idée dépassée, secondaire auquel le but humain ne sera pas de résister mais d'accepter qu'il meurt pour laisser place à un futur qu'il ne sera pas pour lui. Alors que dire, de ma mélancolie, je la savoure comme un baiser tendre et brutal, comme un met non-comestible, où chaque seconde vécu avec elle n'est que pur inconnue prévisible. Je me prépare à cette posthume tradition, et cela tous les ans à cette même époque tel que fait Dame nature avant de se parer de son manteau blanc.
Il est intéressant de voir comment cette saison m'affecte, comment elle me délecte de mes passions, qu'elle attenue mes pensées et me laisse dans un vide bordélique.
Je n'ai jamais éprouvé autant de difficulté que dans l'assemblage de pensées qui ne représentent strictement plus rien pour moi, quand l'esprit est troublé à la vue d'un espace aussi vaste et insignifiant, que l'on se demande tout et n'importe quoi avec des questions qui fusent comme la tombée d'une pluie drue.
J'avance maintenant vers ce qui m'attend, vers le froid d'un hiver bénéfique, vers une hypothermie spirituelle où je serais blanchi proprement pour préparer cette fois-ci, la renaissance inexorable de la vie. Je serais devenu tel que j'aurais voulu être, mes pensées surement plus judicieuses et mes actions de plus en plus sage, prêt une nouvelle fois à répéter le cycle de l'évolution spirituelle de l'homme.
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